Raphaël Benyoucef • oud, bouzouki, compositions
Marie Tournemouly • violoncelle
Sözdel Garcias • qanun
Pierre Lassailly • clarinette basse, clarinette
Christophe Montet • zarb, riq, daf
Autour du multi-instrumentiste, Raphaël Benyoucef, le Sâbir Quintet puise son inspiration dans les héritages multiséculaires orientaux de la Méditerranée avec les timbres uniques de l’oud, du tombak, du quanun ; avec la micro-tonalité et l’univers rythmique propre à la tradition du maqâm et de la musique persane. Cette formation se nourrit aussi de l’énergie du jazz, de la transe, de la musique répétitive. Porté par des musiciens talentueux, ce répertoire, avec ses univers singuliers évoquant Les Mille et une nuits, se conçoit comme un collier de petites histoires s’imbriquant dans une histoire plus grande, celle de la quête de soi, d’un ailleurs indéfini, d’un territoire libre où le cœur est le seul passeport.
Raphaël Benyoucef, oudiste et compositeur, offre au oud une voix moderne, vivante et poétique, à la croisée des traditions, de la création contemporaine et des échanges interculturels. Né à Charleville-Mézières, ville d’Arthur Rimbaud, il est inspiré dès l’enfance par l’esprit du voyage et la quête de son « Orient ». Après avoir obtenu une bourse d’études en guitare jazz, il choisit de prendre la route : de l’Inde à l’Andalousie, de la Grèce à la Turquie, où il puise son inspiration philosophique et musicale et découvre le oud, instrument capable de relier ses racines méditerranéennes (Italie, Algérie) à ses influences contemporaines. Il est l’élève du maître palestinien Adel Salameh, qui l’initie pleinement à l’univers du makam. Après la disparition de ce dernier, il poursuit sa formation au CRR de Montpellier dans la classe de l’Égyptien Ihab Radwan, devenant ensuite professeur pendant deux ans. Il développe aujourd’hui plusieurs projets musicaux, de la musique traditionnelle avec Vojao à la musique modale contemporaine avec le Sâbir Quintet. Ouvert aux rencontres, il collabore régulièrement avec des musiciens indiens (Ragam Quartet) et iraniens (Peristan Trio). Dans une approche transversale des arts, il accompagne depuis plusieurs années des conteurs d’Orient et de Méditerranée (Kamel Guenoun…), et travaille également pour le cinéma, notamment sur le film Flying Fish de Gabriel Xavier Bly-Wolf et le documentaire Un père, un fils et Sankara d’Andreas Landeck, lauréat du Premier Prix du Meilleur Documentaire au SOBH Festival de Téhéran.
Débutant des études musicales à Bordeaux, poursuivant l’apprentissage du violoncelle au conservatoire de Montpellier puis au CRR de Paris, elle s’est perfectionnée à l’orchestre avant d’intégrer le Pôle supérieur de musique de Bourgogne. Parallèlement à ses études musicales, elle s’est formée au théâtre au sein de la cie « Le vélo volé » et a travaillé avec des compagnies théâtrales en tant que violoncelliste, comédienne, ou directrice musicale, étant amenée à jouer régulièrement au Festival d’Avignon. Elle se produit également dans diverses formations classiques (Ensemble contrepoint, Forum Sinfonietta, Néo trio…) et enseigne le violoncelle au conservatoire.
Sözdel Garcias, née Sözdel Ahmad, est née à Damas (Syrie) au sein d’une famille de musiciens issus de la diaspora kurde. Son père, oudiste et violoniste, a profondément nourri son amour pour les musiques arabe et kurde, faisant de la maison familiale un véritable foyer musical. Dès l’âge de six ans, elle commence l’apprentissage du qanun à l’Institut du Monde Arabe (Al Mahad al Arabi) à Damas, où elle étudie auprès de la célèbre musicienne azérie Elmira Akhundova, développant rapidement des compétences remarquables. Très jeune, elle se produit à l’Opéra de Damas, participe à de nombreux concours et remporte plusieurs prix dédiés aux jeunes talents. Parallèlement, elle accompagne sa famille lors de performances diffusées à la télévision kurde et lors d’événements culturels majeurs, notamment les célébrations de Nowrouz. À seulement 18 ans, Sözdel entame une carrière pédagogique en enseignant le qanun à l’Institut du Monde Arabe, où elle exercera pendant sept ans. Elle poursuit ensuite des études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Damas, approfondissant durant trois ans sa maîtrise instrumentale et théorique. Le déclenchement du conflit syrien interrompt brutalement ce parcours. Contrainte à l’exil, elle trouve refuge en Europe où elle poursuit et développe sa carrière musicale. Aujourd’hui, Sözdel Garcias conjugue tradition et modernité, partageant avec le public les riches sonorités des musiques kurde et arabe, tout en s’ouvrant aux horizons musicaux internationaux.
Pierre Lassailly a débuté la clarinette puis poursuivi sa formation au conservatoire de Strasbourg où il obtient la médaille d’or en 1998. La rencontre avec le compositeur Georges Aperghis et sa pratique du théâtre musical sera fondatrice de son parcours. Il participera à la création de plusieurs de ses spectacles dont « Strasbourg, Instantanés I et II » puis au sein de l’Ensemble reflex. En tant qu’interprète, il créera des œuvres d’Ahmed Essyad, de Nicolas Frize, de Gérard Pesson. Parallèlement, il revisite des répertoires traditionnels avec les groupes Maliétès, Le Grand ensemble de la méditerranée ou Zeïn. Du côté de l’improvisation, sa pratique reste en lien avec le théâtre. Avec la cie chorégraphique Les Filles d’aplomb, il crée « Amante » et « Le murmure de feuilles », donne des lectures sonores, revisite le conte inuit « La fille squelette ». Ses différentes expérimentations l’amènent aussi à la création de bandes-sons pour le cinéma.
Il évolue dans les musiques du Proche et Moyen Orient depuis plus de 20 ans. Son parcours est balisé de rencontres avec des percussionnistes tels que Bijan Chemirani, Adel Shams el Dinn, Wassim Hallal, Zohar Fresco, Rashmi V. Bhatt auprès desquels il se forme et se passionne pour l’accompagnement de la poésie chantée et l’ornementation rythmique sur les percussions digitales de traditions persane, orientale et indiennes. Développant un jeu de timbres riches et sensibles, il accompagne et compose au sein de groupes tels que le Chauffeur est dans le pré, Imidiwen, Grand ensemble Filos, Seyda, Dans Tes Rêves et Sabir.
Musique orientale méditerranéenne / Jazz
Une création portée par l’association Label Med
Coproduction : Le Chantier, Label Med
Résidence de création au Chantier du 4 au 10 avril 2026
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Centre de création des nouvelles musiques traditionnelles & musiques du monde