Jacky Molard • violons
Yannick Jory • saxophone
Hélène Labarrière • contrebasse
Janick Martin • accordéon
Invité : Valentin Clastrier • vielle à roue électro
De gigues endiablées en danses tsiganes hypnotiques, des Balkans à l’Afrique noire, le violoniste Jacky Molard a fait voyager la musique bretonne vers de nouveaux horizons. Pour cette aventure, il s’est entouré de complices issus de registres différents : Yannick Jory, saxophoniste multi-timbral aux magnifiques phrasés ; Hélène Labarrière, contrebassiste au groove puissant ; Janick Martin, accordéoniste harmoniste toujours en phase avec l’esprit de la danse.
Aujourd’hui, il ouvre ce quartet historique à des musiciens d’envergure : Jean-Michel Veillon (flûte traversière), François Corneloup (saxophone baryton), Albert Marcoeur (voix, percussions), Christophe Marguet (batterie) et Valentin Clastrier (vielle à roue). Il les a invités à écrire une œuvre à partager avec son quartet.
« Le leader est à la manœuvre, avec un violon qui s’est dégourdi dans les fest-noz, s’est affiné en Irlande et s’est encanaillé dans les Balkans, plus l’utopie improvisée du jazz et les images mentales que supposent tous ces voyages. Elles irriguent l’écriture du répertoire qui, passée elle aussi par la Bretagne, l’Irlande, les Balkans et même l’Espagne du 15ème siècle, trouve son climax dans une longue suite finale inspirée de l’Ecosse justement et de ses pibrochs. Le saxophoniste Yannick Jory (soprano et alto) associe des compétences d’improvisateur à une maîtrise de l’ornementation instrumentale traditionnelle dont la mécanique du saxophone ne permet pas aisément de reproduire la nervosité et la légèreté. Janick Martin fait des prodiges sur sa petite boîte à frissons, un diatonique, presque un jouet, qu’il fait bouillir comme une marmite, dont il tire les improvisations les plus folles, les rythmes les plus entêtants, les mélodies les plus poignantes et des longs bourdons qui portent les moments d’accalmie, pendant qu’Hélène Labarrière ramène de ce qu’elle appris dans le jazz moderne pour faire groover cette musique, développant – le sait-elle – quelque chose qui naquit il y a une quarantaine d’année dans le folk rock anglais avec le bassiste Ashley Hutchings au sein de Fairport Convention et surtout du premier Steeleye Span, avec le guitariste Martin Carthy. » – Franck Bergerot – Jazzmagazine
Après trente années passées à bouleverser en profondeur la musique populaire folklorique bretonne en l’ouvrant résolument sur l’infinie variété des musiques du monde, Jacky Molard, violoniste virtuose, est aujourd’hui un musicien arrivé à maturité riche d’un univers extrêmement cohérent, nourri de tous ces chocs de civilisation mais en aucun cas composite ou dispersé. Né à Saint-Malo en 1961, il débute la musique en autodidacte à l’âge de 12 ans (guitare), puis, à 16 ans, aborde le violon par la technique irlandaise. Il s’intéresse très tôt à la musique d’improvisation avec le bluegrass tout en jouant de la musique celtique au contact des sonneurs et chanteurs bretons et de musiciens irlandais. Entre 1975 et 1985, il joue dans Ogham (groupe celtique), Gazon Bleu (bluegrass), Gwerz, le Trio Molard/Sibéril, le Trio Per Tallec (indo-breton), Par Kilbride Band (fusion celtique), Pennou Skoulm (fest noz)… Jacky MOLARD mène une carrière internationale et compte parmi les musiciens incontournables de la scène actuelle bretonne.
Evoluant dans une musique contemporaine d’inspiration populaire il y déploie des compétences d’improvisateur et une maîtrise de l’ornementation instrumentale traditionnelle. Avec Les Pires puis La Trabant il développe cette approche. Ces dernières années il s’est consacré à l’écriture de musiques pour la danse contemporaine (Philippe Découflé, Sylvie Seidman, Sylvie le Querre) et autres pièces théâtrales. Actuellement, il tourne aussi avec « Le P’tit Cirk » et en duo avec Philippe Ollivier. « Yannick Jory est un peintre musical. Ses deux paires de dix doigts pianotent comme des pinceaux. Son saxe est sa syntaxe. C’est un Falstaff à la sauce armoricaine. « Jeanno » charade avec ses camarades une musique anxiophobe et exhilarante. Ses frasques sont des fresques » dit de lui le comédien Christophe Salengro.
À 16 ans, elle entre au conservatoire de Boulogne et choisit la contrebasse. À 20 ans, elle se trouve dans la Swing Machine du saxophoniste Gérard Badini. Elle accompagne bientôt les américains Lee Konitz, Slide Hampton, Art Farmer ou Johnny Griffin. La découverte de Charlie Haden est pour elle un détonateur : cette façon radicalement différente de jouer de l’instrument. Inévitablement d’autres liens se tissent. Adoptée par ses contemporains, elle intègre les groupes d’Eric Barret, Malo Vallois et Daniel Humair. En 1990, elle rejoint le collectif Incidences où elle rencontre François Corneloup Jean-Marc Padovani et Sylvain Kassap dont elle sera la contrebassiste. En 1993, elle crée son groupe Machination avec Corin Curschellas, Ingrid Jensen, Noël Akchoté et Peter Gritz, en hommage direct à Robert Wyatt. En 2002 elle accepte l’invitation de la scène folk bretonne et enregistre « Bal Tribal ». Un deuxième disque en leader avec François Corneloup, Hasse Poulsen et Christophe Marguet Les temps changent sort en septembre 2007 chez Emouvance. En 2012 nouvel avec son quartet : Désordre (label Innacor).
Influencé par Frédéric Lambierge, Riccardo Tesi ou Richard Galliano, il devient vite un musicien incontournable de la scène bretonne « affranchie » de par son aisance technique et son ouverture musicale. Se baladant entre swing manouche, musiques du monde et improvisation, il a contribué à repousser les limites de l’accordéon diatonique pour en faire un vrai instrument chromatique. Son sens du propos musical hors du commun, une maîtrise du timbre et une créativité qui lui vaut toujours la note juste et bonne, celle qui vient à point dans l’art et la manière. A découvrir notamment au sein du duo Hamon Martin, un modèle d’équilibre et d’ajustement musical.
Valentin Clastrier est un vielliste pas comme les autres. Il joue une vielle électroacoustique (sorte d’hybride de la guitare électrique et de la vielle). Né à Nice en 1947, père chanteur professionnel, Valentin Clastrier a grandi en musique mais n’a pas vraiment fréquenté les conservatoires. Il a fallu qu’il trouve du travail à Paris pour s’offrir plus tard des cours de musique. Musicien de rue, il faisait la manche en jouant à la guitare des chansons humoristiques, jusqu’au jour où sa route a croisé celle de Jacques Brel et d’autres grands noms de l’époque. Voilà pour la première vie de Valentin Clastrier. La deuxième commence dans les années 1970, le jour où il découvre la vielle à roue. Sa guitare s’en retourne dormir dans sa housse et la vielle va occuper désormais toute son attention révélant un chercheur et un découvreur de sonorités inouïes. Le répertoire traditionnel de la vielle à roue ne fait pas partie de son bagage. Il met donc tout en oeuvre pour faire évoluer l’instrument, l’entraîner vers le jazz et la musique contemporaine. Pour cela, il s’associera à des luthiers. En 1987 avec le luthier de Lozère, Denis Siorat, il met au point une vielle électroacoustique de 27 cordes. C’est le début d’une longue histoire, d’une discographie passionnante. avec Michael Riessler, Michel Godard, Louis Sclavis, Carlo Rizzo et quelques autres, il a engendré dans les années 1990 des musiques qui ne ressemblent à nulle autre, des musiques de traverses (Hérésie, Le Bûcher des silences) combinant inspirations folkloriques européennes, improvisation jazz, langage contemporain, expérimentation ludique. Depuis, virtuose subversif, il fut qualifié de « Jimi Hendrix de la vielle à roue » ou « Jimmy Page de la roue-archet ». Récemment Valentin Clastrier a refait événement avec un nouveau prototype de vielle à roue électro-acoustique justement baptisé « Venue d’ailleurs », dont il a exposé les innovations sonores dans un tout nouveau CD éponyme paru sur le beau label Innacor.
Mycélium
Coproduction : Innacor – La Grande Boutique, Le Chantier
Résidence de création au Chantier du 12 au 16 février 2018
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Centre de création des nouvelles musiques traditionnelles & musiques du monde