Maria Robin • chant, danse
Cie Acento Flamenco – La Fabia • danse
Shadi Fathi • setâr, zarb, daf
Jesus de La Manuela • chant, palmas
Guillaume Hogan • contrebasse
Rencontre de la musique persane, du chant et de la danse rajasthani, et du cante et du baile flamenco.
« Charla Banjara » : « conversation gitane ». Dans cette création, c’est bien d’un dialogue entre cultures orientales, indiennes et gitanes qu’il s’agit. La musique classique persane y converse avec le cante jondo flamenco et les chants populaires kalbeliya des gitans du Rajasthan. La transe soufie y côtoie le duende. La danse se combine à la musique et au chant. L’improvisation y est maîtresse du jeu. Une symbiose sous le signe du féminin portée par la fougue de deux artistes généreuses, Maria Robin et La Fabia, qui sont accompagnées par Shadi Fathi, brillante soliste de musique persane et Jésus de la Manuela, cantaor gitan à la voix de feu.
Depuis son enfance, Maria Robin est imprégnée par les musiques et danses orientales et d’Asie centrale. Et pour cause elle est la fille du célèbre musicien Titi Robin. A ce titre elle a chanté et dansé naturellement accompagnée par son père à la guitare et au bouzouk et ses sœurs aux percussions. Puis c’est auprès de la danseuse rajasthani Gulabi Sapera, à Jaipur, qu’elle s’est formée durant de nombreuses années. Outre cette connaissance de la danse kalbelita elle a engrangé un répertoire de chants traditionnels rajasthanis. En 2003, sa première compagnie, Dunya, rend compte de ce parcours et de ses premières compositions. Puis elle tournera avec Titi Robin et Gulabi Sapera, créera deux spectacles musicaux jeune public (sélectionnés par les Jeunesses Musicales de France en 2010-2012), et commencera à travailler avec Fathi Shadi en particulier pour une création très personnelle, « Mon ivresse ». Comme un retour à sa langue maternelle après avoir chanté des airs rajasthanis, gitans, rroms, manouches, soufis.
Danseuse charismatique et racée, Fabia Boutet-Llombart puise sa force dans ses racines ancestrales flamencas et sa créativité dans des références plus actuelles. Originaire de Camargue, elle s’imprègne des tonalités flamencas en famille. C’est pourtant au fil d’une solide formation en danse classique puis contemporaine auprès notamment de Béjart qu’elle commence son parcours artistique dès l’âge de 3 ans. Puis elle se forme en Espagne au flamenco « jondo » (traditionnel) auprès des plus grands (Rocio Molina, Belen Maya, Pastora Galvan, Joaquin Grilo, Antonio Canalès, Javier Latorre ). Son style fougueux, sa générosité séduisant le public sans faux semblants. Après une période d’immersion en terre traditionaliste flamenca, elle a renoué depuis quelques années avec un travail contemporain et intègré à sa démarche des collaborations avec des artistes de tous horizons : photographe, vidéaste, chorégraphe et danseurs contemporains, peintre, musiciens de jazz, manouche, indien, électro … Elle s’est formée notamment à l’approche contemporaine-flamenca avec Juan Carlos Lerida, Belen Maya et Rafael Estevez. Elle axe plus particulièrement son travail sur la multiplicité des approches et l’improvisation chorégraphique.
La Fabia dirige la Cie Acento Flamenco depuis 9 ans. Ses créations tant contemporaines que flamencas témoignent d’un parcours jalonné d’expériences hétéroclites et complémentaires (théâtre danse, jeune public, tablaos, performances …)qu’elle a souvent portées sur des scènes renommées en France et à l’étranger.
Dernières collaborations : Belen Maya (direction création EFZ avec Sarah Moha et Suzel Barbaroux), Cyril lecomte (théâtre), Madhlamine Sy Savane (théatre danse), Mariya Robin (musiques du monde), Louisa Amouche et Katy Deville-Théâtre des cuisines (théâtre danse), Sarah Moha et Suzel Barbaroux (Eklectik Flamenco Zone), Olivier Maurel (piano), Frédérique Fabre (danse contemporaine)
Virtuose du setâr (luth à manche long) Shadi Fathi perpétue l’héritage millénaire de la musique classique persane par une expérience de concertiste au long cours et par un lumineux sens de l’improvisation. Disciple du grand maître Dariush Talaï à Téhéran, elle maîtrise également les instruments à cordes traditionnels tels que la setâr ou le shourangiz et fait vibrer sa sensibilité sur des percussions digitales comme le zarb ou plus particulièrement le daf, avec un style de jeu dans la lignée de la confrérie Ghâderiyeh du Kurdistan iranien. Installée en France depuis 2002 et retournant régulièrement en Iran, cette artiste confronte dès lors sa musicalité fleurie aux esthétiques européennes et méditerranéennes, multipliant les collaborations sur disques et sur scène et nourrissant son imaginaire sonore de la langue du poète persan Hâfez ou de celle du contemporain argentin Roberto Juarroz tout autant que par les écrits du cinéaste iranien Abbas Kiarostami ou ceux du peintre Henri Matisse. Avec ces inspirations tutélaires, elle tisse ce fil ténu qui, d’un trait, d’un mot, d’un regard ou d’une note, transperce la beauté et contient dans l’infini détail la puissance de l’universalité.
Son dernier enregistrement, « Delâshena », en duo avec Bijan Chemirani (zarb, daf, udu, voix) a été primé par l’Académie Charles Cros.
Jesus de la Manuela, gitan andalou d’origine, chante pour la première fois à l’âge de 12 ans aux côtés de Juan Carmona et de son cousin Luis de Almeria.
 La puissance et le timbre de sa voix, faisant de lui un buen cantaor, il accompagnera de nombreux artistes flamenco (Rafael Campallo, Ana Morales, Lucia Alvarez La Piñona, Jesus Carmona etc.), mais son parcours va lui permettre de s’ouvrir sur d’autres registres et on le vit accompagner entre autre Jose Maya, l’un des meilleurs danseurs flamenco de notre époque. S’il a fréquenté tous les tablaos de France, beaucoup d’artistes flamencos nationaux ont aussi fait appel à lui, de même que les grandes scènes consacrées flamenco. Pilier de la Compagnie Solea de Maria Pérez, on se souvient de lui dans la pièce « La Monja Gitana » au théâtre Gyptis de Marseille. Aujourd’hui Jesus de la Manuela a atteint un niveau où il n’a plus rien à se prouver. Et son expérience dans la variété latino salsa, lui a donné de nouvelles perspectives. Fondateur du groupe « Flamenco Hoy », il est aussi un transmetteur précieux pour les jeunes musiciens.
Flamenco / Inde
Coproduction : Cie Acento Flamenco, Le Chantier, Cité de la Musique de Marseille
Résidence de création au Chantier du 13 au 17 janvier 2020
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Centre de création des nouvelles musiques traditionnelles & musiques du monde